Plusieurs camarades de l’Internationale Sozialistische Linke (ISL, membre de la IVe Internationale) ou de l’Antikapitalistische Linke (AKL), courant qu’animent nos camarades allemands, avec d’autres, dans le parti Die Linke, voire des sympathisants, ont organisé les six rencontres avec les militants du NPA. Quatre rendez-vous, qui ont rassemblé, chacun, près de vingt personnes, étaient programmés dans le cœur industriel historique de l’Allemagne qu’est le Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, la région la plus peuplée du pays, où le courant anticapitaliste est majoritaire dans Die Linke. Une réunion publique a eu lieu à Göttingen, petite ville universitaire du sud de la Basse-Saxe, une dernière à Kassel, vieille ville industrielle du Hesse.
Les militants venus discuter du développement du NPA ont montré leur enthousiasme à l’égard du processus que nous avons initié depuis près de 18 mois, en particulier sur la méthode consistant à construire le parti par en bas. Nous avons souvent comparé les expériences allemande et française. Celle de Die Linke d’abord, parti qui rassemble presque toutes les sensibilités de la gauche, des sociaux-libéraux qui gouvernent le Land de Berlin avec les sociaux-démocrates, aux anticapitalistes. Die Linke a été créée par la fusion de la Wasg et du PDS, descendant du parti d’État (dit communiste) est-allemand. L’expérience de l’Alternative électorale pour la justice sociale (Wasg) était également abordée, créée à la suite des résistances à la mise en place des contre-réformes Hartz-IV du gouvernement Schröder en 2005 (contre-réforme du marché du travail, durcissant notamment les conditions d’attribution des allocations-chômage).
Nous avons débattu de la crise de la gauche traditionnelle et des grandes centrales syndicales en France, de la nécessité d’organiser au plus vite un mouvement d’ensemble pour contrer les attaques brutales de Sarkozy. Depuis la constitution des premiers comités, la première réunion nationale, la mise en place du comité d’animation nationale provisoire (CAN) jusqu’au congrès de fondation, notre expérience a ouvert des débats sur la nature de la démocratie interne que nous cherchons à mettre en place, sur la place des militants dans le parti, en particulier celle faite aux chômeurs, aux précaires et aux jeunes. Face aux transformations du marché du travail et à la crise économique, les mesures d’urgence proposées par le NPA, telles que la mise en place d’un service public bancaire, ont suscité l’intérêt.
La formation du NPA, ayant clairement tranché la question de la participation à un gouvernement avec la gauche libérale, a fait forcément résonner les débats internes à Die Linke sur la participation gouvernementale, aux côtés du SPD, dans le Land de Berlin. Nos camarades allemands nous ont enfin interrogés pour connaître les liens que le NPA conserverait avec la IVe Internationale, une fois la LCR dissoute, et ceux que le NPA entretiendrait avec la Gauche européenne, avec le nouveau Parti de gauche ou avec Die Linke.
Europe Solidaire Sans Frontières


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